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LA PAROLE DE VIE

LE PÉCHÉ

13:16, 24/5/2010 .. Link

PÉCHÉ (1.)

 

(Deux catégories de termes:

 

    Le péché, c’est ce qui est contraire à l’ordre. Hébreu: rac. khâtâ, ce qui manque le but; âvôn, ce qui est tortueux; chegâgâh, erreur; ivvèlèt, nebâlâh, folie, aveuglement. Grec: hamartia, erreur; parabasis, ce qui passe par-dessus la ligne normale ou à côté d’elle; paraptôma, ce qui tombe à côté.

 

    Le péché, c’est aussi la révolte, l’infidélité. Hébreu: râah, mal; pécha, révolte, défection; rècha, méchanceté; bâgad, trahison; sârah, transgression, révolte. Grec: parakoè, désobéissance; anomia, injustice; opheïlêma, dette.)

 

I Introduction.

 

Le philosophe Charles Renouvier a écrit: «Une civilisation de surface, à qui il plaît de se détourner du problème du mal ou de se payer de solutions insuffisantes, est exposée, dans la suite des âges, à périr comme celle de l’antiquité...A mon avis la religion n’est rien, si elle n’est la reconnaissance du péché dans le général et dans le particulier et la rédemption du pécheur.» Les religions de la Bible répondent pleinement à une telle exigence, puisqu’elles nous présentent, à leur base, une conception très précise du péché, de sa nature, de son origine, de son étendue et de ses douloureuses conséquences.

 

    Message essentiellement pratique que celui qui nous est offert. Le Livre de Dieu ne se meut pas sur le terrain abstrait des spéculations philosophiques et théologiques. Il poursuit, avant tout, une oeuvre de libération et, pour que cette oeuvre s’accomplisse, les écrivains sacrés veulent faire sentir aux hommes l’horreur de leur péché et de leur rupture avec Dieu.

 

    Message absolument indispensable, par conséquent, et qui vient tout particulièrement à son heure. Le propre du péché, c’est d’aveugler l’homme sur sa situation véritable et, en l’aveuglant, de paralyser en lui les puissances qui auraient pu réagir utilement et le conduire au salut. La Bible nous guérit de cette cécité, et parce qu’elle ouvre d’abord les yeux sur la maladie dont souffre et meurt l’humanité, elle peut ensuite lui présenter le remède.

 

    Nous allons parcourir les grandes étapes de la révélation et voir comment, aux diverses époques de l’histoire biblique, la Parole de Dieu a répandu largement la lumière sur le mal dont il s’agit pour les hommes d’être délivrés.

 

PÉCHÉ (2.)

 

II Les origines.

 

Les antiques traditions relatées dans les premiers chapitres de la Genèse (voir Création, Chute) expriment, au sujet du péché, un certain nombre de conceptions qui sont essentielles à la piété israélite et à la piété chrétienne et qui constituent les assises inébranlables de la doctrine biblique de la rédemption et du salut.

 

Première affirmation: le caractère originel du péché...Celui-ci fait son apparition dans le monde dès le commencement de notre race. L’homme est la réalisation suprême de la puissance créatrice: terme dernier de toute une série d’actes qui, du chaos primitif, ont fait sortir le monde inorganique et qui, au milieu des choses inanimées, ont suscité les êtres vivants, il participe à la matière et à l’animalité, mais il possède, en même temps, un souffle divin {#Ge 2:7}; il est fait, lui seul parmi tout ce qui existe, à l’image de son glorieux Créateur (1:26); enfin il est chargé de dominer sur l’ensemble de la création {#Ge 1:26,28} et il est revêtu d’un pouvoir de contrôle et de direction {#Ge 2:15}.

 

    Mais, tout aussitôt, nous voyons se produire le grand drame, dans lequel l’homme contrevient aux dispositions prises pour son bonheur et pour le salut du monde. A peine créé, à peine installé avec sa compagne dans une existence pourvue de tout ce qui devait en assurer l’heureux développement, il dévie de la voie droite, celle de l’harmonie avec son Créateur, celle de sa destinée divine; et cette déviation qui, dès l’aurore de la vie humaine, va troubler l’ordre de choses prévu et établi par Dieu, c’est le péché. Sans doute, nous le verrons, Dieu n’est pas et ne peut être vaincu. Mais le péché n’en est pas moins un fait primordial, qui influera désormais sur le cours de la destinée humaine et dont la Providence aura elle-même à tenir compte dans la réalisation de ses desseins éternels.

 

Seconde affirmation: le caractère accidentel du péché...Le péché tel que nous le fait connaître la Bible n’est pas, comme chez Zoroastre, un principe éternel, inhérent à la nature des choses et enveloppant de ses mailles fatales la victime humaine. Il n’est pas, comme dans la Védanta hindoue et dans la philosophie platonicienne, un fait inséparable de l’individualité ou de la matière. Il n’est pas, comme le prétendent les gnostiques, un moment nécessaire du développement humain. Non, dès ses premières pages, la Bible adopte une interprétation opposée: l’homme était voué à la sainteté, il était fait pour le bonheur et c’est dans l’obéissance et dans l’accord avec son Père céleste qu’il aurait dû poursuivre son immortelle destinée. Par une initiative personnelle, par un acte de sa liberté, il a rompu le pacte qui l’unissait à Dieu et le péché est, au bout du compte, une désobéissance volontaire, une rébellion insensée, dont la responsabilité incombe à la créature et non au Créateur.

 

    La Genèse ne nous explique pas l’origine première du mal dans l’univers: elle en constate l’existence et elle l’incarne dans ce personnage mystérieux du serpent, qui rappelle Tiamat, le monstre de la mythologie assyrienne, ennemi des dieux et destructeur de leur oeuvre, et que la théologie chrétienne identifiera plus tard avec le diable. Mais si le mythe symbolique de la chute ne nous apprend rien sur la provenance et sur la nature de cet esprit mauvais, dont l’action va avoir de si tristes conséquences pour le monde, il décrit en termes imagés son apparition et son influence dans le coeur humain et manifeste un sens de la vérité psychologique tout à fait remarquable.

 

    Le tentateur s’adresse à la femme, considérée par l’antiquité et par l’Orient comme l’être le plus faible et le plus accessible (voir Chute). Dès l’abord, il réussit à obtenir d’elle une oreille complaisante à ses suggestions. Il essaye de mettre en doute la réalité de la défense, l’existence même de la loi morale {#Ge 3:1,3}. Mais comme celle-ci est indubitable, il s’attache à en faire soupçonner le bien-fondé. Il insinue dans le coeur de son interlocutrice des doutes sur la sagesse et sur la bonté du Créateur (verset 5). Enfin, il provoque en elle, tout à la fois, la soif de la jouissance et l’orgueilleuse ambition de l’indépendance. Gagnée au mal, la femme fait partager ses mauvais désirs à son mari et tous les deux, oubliant leurs devoirs d’obéissance et de gratitude, s’éloignent de la voie tracée par le Père céleste et se laissent entraîner par les suggestions du mal.

 

    Derrière les symboles du récit primitif, qu’il serait vain de railler ou de mépriser, on reconnaît aisément la marche habituelle de la tentation. Le tort de l’homme est de ne pas savoir dire non au mal. Cette faute est celle d’Adam et celle de tous ses descendants, dans la mesure où ils participent au même péché. Mais la faute originelle était loin d’être fatale: elle aurait pu et elle aurait dû être évitée. Elle constitue, au début de l’histoire humaine, l’accident tragique qui a mis l’homme en opposition avec Dieu et en contradiction avec son essence véritable.

 

Troisième affirmation: le caractère religieux du péché...Dès l’origine, le péché est étroitement lié par la Bible à une conception religieuse de l’existence. Il ne se comprend que s’il y a deux êtres face à face: un Dieu qui commande et qui. en vertu de sa perfection morale et de sa bonté infinie, a le droit de commander; un homme qui désobéit au commandement divin et qui se révolte contre le Créateur. La morale tout humaine, dont on a voulu exclure Dieu, peut faire intervenir la notion du mal, celle d’un ordre de choses contraire à l’idéal. Seule, une morale religieuse a le pouvoir de mettre en jeu le concept singulièrement plus riche et plus expressif du péché. Et les différences qui existent en réalité entre deux notions analogues seulement en apparence suffit à faire mesurer l’abîme qui sépare les deux morales et la supériorité incontestable de la morale religieuse sur toute morale purement laïque.

 

    D’abord, le péché dépasse infiniment le mal, au point de vue de son intensité et de son horreur tragique: celui-ci est simplement le bouleversement de l’ordre humain, celui-là désorganise le plan divin et constitue une atteinte à la sainteté et à l’amour du Dieu infiniment juste et bon.

 

    Ensuite, le péché surpasse le mal par l’étendue de son domaine: le mal nuit à l’homme; le péché, en plus du tort fait à l’homme, offense Dieu. Le péché comporte donc toute une série nouvelle de manquements, dont on ne saurait tenir compte si l’on se place à un point de vue purement humain.

 

    Enfin, si le mal embrasse une certaine catégorie d’actes que l’on réprouve, le péché va jusqu’au fond de l’âme humaine; il constitue essentiellement une disposition fondamentale de notre être caché, qui se traduit extérieurement par les actions méchantes. Les péchés divers sont les manifestations et les fruits de ce trouble profond apporté à nos relations avec Dieu, qui s’appelle le péché.

 

    Ainsi, entre le mal et le péché, il y a une triple différence d’intensité, d’étendue et de nature: l’infinie grandeur de la Bible vient de ce que, seule elle nous fait pleinement connaître l’Adversaire que nous avons à combattre et à détruire.

 

    Le péché, ainsi caractérisé par la Bible, conduit l’homme aux conséquences les plus tragiques: c’est ce que nous montre encore le récit de la Genèse.

 

    Avec une implacable logique, l’expérience du mal conduit la créature à la honte, au remords, à la souffrance, à cette séparation d’avec Dieu, qui constitue une véritable mort spirituelle. L’homme est chassé de la contrée charmante où il vivait paisible et heureux, mais l’expulsion du paradis terrestre est moins une initiative divine que la constatation d’un état de fait, voulu par l’homme lui-même. Ce n’est pas Dieu qui éloigne l’homme de sa présence et de sa communion vivifiantes, mais l’homme qui s’est séparé de Dieu et qui, par sa faute, a fait venir sur lui le châtiment et la mort, fruits inéluctables de sa désobéissance et de sa rébellion.

 

    Seulement si la créature a voulu le péché et a cherché son malheur, Dieu ne l’abandonne pas et il a pitié d’elle {#Ge 3:21}. Au moment même où celle-ci prend conscience de son état de perdition, il lui fait entrevoir l’oeuvre de rédemption et de relèvement qu’il poursuivra désormais dans une humanité pécheresse et malheureuse (verset 13).

 

    Les traditions subséquentes sur l’humanité préhistorique et sur les patriarches nous offrent des révélations qui sont les corollaires des vérités essentielles mises en lumière par le récit de la chute.

 

    D’abord, le péché contre Dieu ne tarde pas à devenir le péché contre l’homme; mais, en le devenant, il continue à être, avant tout, une offense contre Dieu...Caïn cède à la même puissance de rébellion que ses parents et, par là, il devient le meurtrier de son frère {#Ge 4:3,8}; cet acte sanguinaire est, du reste, envisagé comme un crime contre l’Éternel (verset 10).

 

    Il serait inexact de voir dans le péché de Caïn la conséquence fatale de la chute d’Adam. La Bible insiste au contraire sur le fait que le crime aurait pu être évité (verset 7b). C’est volontairement, par un acte de liberté, que Caïn cède, comme ses parents, à l’impulsion qui le pousse au mal: il se laisse aller à la jalousie, puis à la violence et enfin au crime. Mais, une fois commis, le péché n’en déploie pas moins toutes les conséquences qu’il renferme: primitivement violation du commandement divin, il devient, subsidiairement, le trouble profond apporté aux relations humaines. Seulement, quelle qu’en soit la forme, individuelle ou sociale, il reste essentiellement une désobéissance à la volonté divine.

 

    Un tel principe est affirmé encore dans des incidents comme celui de Joseph et de la femme de Potiphar. Ce n’est pas seulement par droiture morale que Joseph se refuse à tromper la confiance de son maître et à céder à la tentation. C’est surtout parce que s’y laisser aller, ce serait «un grand mal et un péché contre Dieu» {#Ge 39:9}

 

    Après Caïn, après Lémec {#Ge 4:23}, la multiplication des péchés conduit nécessairement l’humanité, malgré certaines exceptions, comme celles d’Hénoc {#Ge 5:21,24} et de Noé {#Ge 6:8}, à un endurcissement toujours plus grand et à une séparation toujours plus marquée d’avec son Dieu; la Genèse ne manque pas de relever cette autre conséquence du péché. C’est un état de décadence, où «toutes les pensées du coeur des hommes se portaient chaque jour uniquement vers le mal», si bien que «l’Éternel se repentit d’avoir fait l’homme sur la terre et en fut affligé en son coeur» {#Ge 6:5 et suivant}. De là le déluge et la destruction d’une humanité rebelle, la souffrance et la mort se manifestant toujours comme les fruits nécessaires du péché et de la révolte.

 

    Après le déluge, l’homme persiste dans sa révolte et son éloignement, ainsi que le prouve l’histoire de la tour de Babel {#Ge 11:1,9}. Aussi, à cause de la faute commise par Adam et renouvelée par ses descendants, la création semble avoir décidément manqué son objet, et toute la préhistoire de l’humanité, d’après la Bible, se résume dans un endurcissement croissant et dans une opposition toujours plus complète à la volonté divine.

 

    Cet état de choses entraîne une troisième conséquence que l’histoire biblique fait encore apparaître. La Providence divine ne peut se résigner au triomphe du mal: elle désire, malgré les obstacles accumulés, assurer l’avenir spirituel de l’humanité, et elle est conduite à adopter le principe de l’élection, c’est-à-dire à abandonner l’ensemble de l’humanité à sa perdition pour faire le salut de la minorité qui a été choisie. C’est ainsi que Dieu fait alliance avec Noé, puis avec Abraham et les patriarches. Une telle alliance est possible, car nous avons là des personnalités qui vivent dans la communion de Dieu. Noé «marchait avec Dieu» {#Ge 6:9}. Abraham commence sa carrière par un acte d’obéissance et de confiance {#Ge 12:1-4}. Au contraire, son petit-fils, Ésaü, incapable d’apprécier le privilège de l’élection, se verra écarté de l’alliance au bénéfice de Jacob, car, malgré ses grands défauts, celui-ci comprend la valeur des bénédictions divines. On voit par là comment l’élection conduit à un élargissement de l’idée du péché: c’est commettre une faute contre Dieu que de mépriser l’alliance qu’il a conclue avec les hommes de son choix.

 

    De ces hommes-là sortira une humanité nouvelle, le peuple de Dieu, dont la destinée devait être de revenir à la voie de l’obéissance et de la fidélité, abandonnée par l’humanité primitive sous la néfaste influence du péché.

 

PÉCHÉ (3.)

 

III La loi.

 

    Dans le peuple d’Israël, le concept du péché se rattache étroitement aux notions connexes de l’alliance et de la loi (voir ce mot).

 

    Toute la vie religieuse et morale du peuple est dominée par le sentiment du lien étroit, indissoluble, qui l’unit à son Dieu. Jéhovah a choisi les Hébreux parmi tous les peuples de la terre; il les a mis à part pour son service et pour sa gloire; il leur accorde sa protection et son salut. Le devoir de la nation, c’est de rester fidèle à l’alliance (voir ce mot). Si elle s’en détourne, elle tombe dans le péché et dans la malédiction qu’implique la désobéissance à la volonté divine.

 

    Cette volonté, Dieu la précise en donnant sa loi à son peuple. La loi, c’est l’énoncé exact et complet des obligations que comporte l’alliance. Violer la loi, c’est se révolter contre l’alliance et tomber dans le péché. L’apparition de la loi constitue donc une étape capitale dans l’évolution du peuple hébreu et permet d’arriver à des précisions nouvelles en ce qui concerne la notion du péché {#Ex 20:20}.

 

    L’adoration et le service du seul vrai Dieu, c’est ce que, tout naturellement, la loi prescrit avant toute autre chose. L’antique législation israélite représente le péché d’idolâtrie comme le plus grave, car il sépare radicalement l’homme de son Dieu. C’est ce qu’affirment expressément le Livre de l’Alliance {#Ex 22:20 23:24,32}, puis le Décalogue {#Ex 20:3,7}. Aussi, en se laissant aller à l’idolâtrie, Israël encourt-il les plus terribles châtiments.

 

    L’histoire nous montre comment la nation s’est effectivement éloignée de son Dieu et comment, par là, elle s’est orientée vers la perdition et vers la mort. Sous les juges, les désastres nationaux se succèdent très rapidement: ils sont attribués à la révolte contre Dieu et à l’idolâtrie {#Jug 2:10,15 3:7 4:1 6:1,3 8:33,35 10:6,9 13:1}. Le retour à Dieu sous la conduite d’un chef et d’un héros est toujours marqué par les bénédictions de la paix et de la prospérité. Pendant les règnes de Saül et de David, nous trouvons peu de traces du péché d’idolâtrie.

 

    De là la prospérité qui s’est manifestée sous leur double règne, comme ensuite, d’une manière assez générale, dans le royaume du Sud. Mais Salomon, dans sa vieillesse, négligea le culte de son Dieu, et ce grave manquement est considéré comme la cause de la révolte de Jéroboam contre la dynastie de David {#1Ro 11:1,13}. Après le schisme, nous voyons ce leit motiv revenir à chaque règne, dans l’histoire du royaume du Nord: «Il se livra au péché de Jéroboam, fils de Nébat, qui avait fait pécher Israël, et il ne s’en détourna pas» {#2Ro 3:3 10:29 13:2, etc.}. Le peuple d’Israël ne se contente pas d’une telle forme du péché contre le vrai Dieu—le culte du taureau d’or—, il pratique aussi celui des Baals et des Astartés, beaucoup plus grave par ses conséquences religieuses et morales. C’est dans une telle idolâtrie que, déjà sous le règne triomphant d’Achab et de Jézabel, l’historien découvre la source profonde d’une terrible décadence nationale {#1Ro 16:30-33}.

 

    Ainsi Jéhovah réclame le service et l’adoration de son peuple. Mais ce service et cette adoration ne se manifestent pas simplement par le culte rendu à lui seul. Dieu entend aussi que la piété à son égard se manifeste par la pratique d’un certain nombre de devoirs vis-à-vis du prochain. C’est ainsi que le Livre de l’Alliance {#Ex 21 Ex 22 Ex 23} formule tout un ensemble de règles morales et sociales qui reposent sur la loi royale de l’amour fraternel (par ex.: Tu ne maltraiteras pas l’étranger et tu ne l’opprimeras pas, car vous avez été étrangers dans le pays d’Egypte; tu n’affligeras point la veuve, ni l’orphelin: si tu les affliges et qu’ils viennent à moi, j’entendrai leurs cris..., #Ex 22:21,23). Le Décalogue (voir ce mot), d’autre part, se divise en deux tables dont l’une formule les devoirs envers Dieu et l’autre les devoirs envers le prochain. Par conséquent, dans la législation israélite la plus ancienne, le devoir envers Dieu et le devoir envers l’homme sont étroitement liés l’un à l’autre, mais c’est le devoir envers Dieu qui a la primauté, et l’observation du devoir envers l’homme est considérée comme une forme de l’obéissance que le peuple doit à son Dieu.

 

    La loi mosaïque ne se borne pas à prescrire l’attitude que l’homme doit avoir vis-à-vis de son Dieu et de son prochain. Le code lévitique s’élabore bientôt en système d’obligations légales et rituelles: non seulement la nomenclature des péchés se trouve, par là même, augmentée, mais encore leur contenu semble ne plus être le même: le péché est de plus en plus considéré comme la violation des prescriptions cérémonielles, qui sont regardées comme ayant leur but en elles-mêmes. Pourtant, il serait inexact de considérer ces règles comme n’ayant aucun rapport avec la loi morale et spirituelle, car les actes purement rituels (ceux qui sont prescrits, par exemple, par la loi sur les animaux purs et impurs, #Le 11) tirent leur signification profonde du fait qu’ils doivent inspirer une haute idée de la sainteté divine et une profonde horreur du péché humain (voir Pur et impur). Le péché cérémoniel lui-même trahit donc la méconnaissance de la sainteté et de l’amour divins.

 

    Le Deutéronome fait ressortir davantage la nature religieuse et morale du péché, en fondant la fidélité à la loi sur l’amour que l’homme doit avoir pour son Dieu {#De 6:5 10:12 11:1}. L’amour de l’homme pour Dieu s’impose comme un devoir de gratitude, puisque c’est Dieu qui, le premier, a aimé son peuple et l’a choisi pour en faire un témoignage de sa puissance {#De 4:37 7:6,8 10:15}. Et puisque l’obéissance est conditionnée par l’amour, les commandements doivent se trouver dans le coeur avant de se traduire dans la conduite {#De 6:6 10:16 11:18}.

 

    La piété israélite est amenée, de cette manière, à purifier les motifs qu’elle a d’obéir à la loi et de résister au péché. Certes, nous trouvons encore de nombreux échos de la vieille conception d’après laquelle l’observation des commandements s’impose en vertu du pacte qui conditionne la prospérité de la nation (#De 4:24,40 6:15, cf. #Ex 20:5

LE PÉCHÉ

13:16, 24/5/2010 .. Link

PÉCHÉ (1.)

 

(Deux catégories de termes:

 

    Le péché, c’est ce qui est contraire à l’ordre. Hébreu: rac. khâtâ, ce qui manque le but; âvôn, ce qui est tortueux; chegâgâh, erreur; ivvèlèt, nebâlâh, folie, aveuglement. Grec: hamartia, erreur; parabasis, ce qui passe par-dessus la ligne normale ou à côté d’elle; paraptôma, ce qui tombe à côté.

 

    Le péché, c’est aussi la révolte, l’infidélité. Hébreu: râah, mal; pécha, révolte, défection; rècha, méchanceté; bâgad, trahison; sârah, transgression, révolte. Grec: parakoè, désobéissance; anomia, injustice; opheïlêma, dette.)

 

I Introduction.

 

Le philosophe Charles Renouvier a écrit: «Une civilisation de surface, à qui il plaît de se détourner du problème du mal ou de se payer de solutions insuffisantes, est exposée, dans la suite des âges, à périr comme celle de l’antiquité...A mon avis la religion n’est rien, si elle n’est la reconnaissance du péché dans le général et dans le particulier et la rédemption du pécheur.» Les religions de la Bible répondent pleinement à une telle exigence, puisqu’elles nous présentent, à leur base, une conception très précise du péché, de sa nature, de son origine, de son étendue et de ses douloureuses conséquences.

 

    Message essentiellement pratique que celui qui nous est offert. Le Livre de Dieu ne se meut pas sur le terrain abstrait des spéculations philosophiques et théologiques. Il poursuit, avant tout, une oeuvre de libération et, pour que cette oeuvre s’accomplisse, les écrivains sacrés veulent faire sentir aux hommes l’horreur de leur péché et de leur rupture avec Dieu.

 

    Message absolument indispensable, par conséquent, et qui vient tout particulièrement à son heure. Le propre du péché, c’est d’aveugler l’homme sur sa situation véritable et, en l’aveuglant, de paralyser en lui les puissances qui auraient pu réagir utilement et le conduire au salut. La Bible nous guérit de cette cécité, et parce qu’elle ouvre d’abord les yeux sur la maladie dont souffre et meurt l’humanité, elle peut ensuite lui présenter le remède.

 

    Nous allons parcourir les grandes étapes de la révélation et voir comment, aux diverses époques de l’histoire biblique, la Parole de Dieu a répandu largement la lumière sur le mal dont il s’agit pour les hommes d’être délivrés.

 

PÉCHÉ (2.)

 

II Les origines.

 

Les antiques traditions relatées dans les premiers chapitres de la Genèse (voir Création, Chute) expriment, au sujet du péché, un certain nombre de conceptions qui sont essentielles à la piété israélite et à la piété chrétienne et qui constituent les assises inébranlables de la doctrine biblique de la rédemption et du salut.

 

Première affirmation: le caractère originel du péché...Celui-ci fait son apparition dans le monde dès le commencement de notre race. L’homme est la réalisation suprême de la puissance créatrice: terme dernier de toute une série d’actes qui, du chaos primitif, ont fait sortir le monde inorganique et qui, au milieu des choses inanimées, ont suscité les êtres vivants, il participe à la matière et à l’animalité, mais il possède, en même temps, un souffle divin {#Ge 2:7}; il est fait, lui seul parmi tout ce qui existe, à l’image de son glorieux Créateur (1:26); enfin il est chargé de dominer sur l’ensemble de la création {#Ge 1:26,28} et il est revêtu d’un pouvoir de contrôle et de direction {#Ge 2:15}.

 

    Mais, tout aussitôt, nous voyons se produire le grand drame, dans lequel l’homme contrevient aux dispositions prises pour son bonheur et pour le salut du monde. A peine créé, à peine installé avec sa compagne dans une existence pourvue de tout ce qui devait en assurer l’heureux développement, il dévie de la voie droite, celle de l’harmonie avec son Créateur, celle de sa destinée divine; et cette déviation qui, dès l’aurore de la vie humaine, va troubler l’ordre de choses prévu et établi par Dieu, c’est le péché. Sans doute, nous le verrons, Dieu n’est pas et ne peut être vaincu. Mais le péché n’en est pas moins un fait primordial, qui influera désormais sur le cours de la destinée humaine et dont la Providence aura elle-même à tenir compte dans la réalisation de ses desseins éternels.

 

Seconde affirmation: le caractère accidentel du péché...Le péché tel que nous le fait connaître la Bible n’est pas, comme chez Zoroastre, un principe éternel, inhérent à la nature des choses et enveloppant de ses mailles fatales la victime humaine. Il n’est pas, comme dans la Védanta hindoue et dans la philosophie platonicienne, un fait inséparable de l’individualité ou de la matière. Il n’est pas, comme le prétendent les gnostiques, un moment nécessaire du développement humain. Non, dès ses premières pages, la Bible adopte une interprétation opposée: l’homme était voué à la sainteté, il était fait pour le bonheur et c’est dans l’obéissance et dans l’accord avec son Père céleste qu’il aurait dû poursuivre son immortelle destinée. Par une initiative personnelle, par un acte de sa liberté, il a rompu le pacte qui l’unissait à Dieu et le péché est, au bout du compte, une désobéissance volontaire, une rébellion insensée, dont la responsabilité incombe à la créature et non au Créateur.

 

    La Genèse ne nous explique pas l’origine première du mal dans l’univers: elle en constate l’existence et elle l’incarne dans ce personnage mystérieux du serpent, qui rappelle Tiamat, le monstre de la mythologie assyrienne, ennemi des dieux et destructeur de leur oeuvre, et que la théologie chrétienne identifiera plus tard avec le diable. Mais si le mythe symbolique de la chute ne nous apprend rien sur la provenance et sur la nature de cet esprit mauvais, dont l’action va avoir de si tristes conséquences pour le monde, il décrit en termes imagés son apparition et son influence dans le coeur humain et manifeste un sens de la vérité psychologique tout à fait remarquable.

 

    Le tentateur s’adresse à la femme, considérée par l’antiquité et par l’Orient comme l’être le plus faible et le plus accessible (voir Chute). Dès l’abord, il réussit à obtenir d’elle une oreille complaisante à ses suggestions. Il essaye de mettre en doute la réalité de la défense, l’existence même de la loi morale {#Ge 3:1,3}. Mais comme celle-ci est indubitable, il s’attache à en faire soupçonner le bien-fondé. Il insinue dans le coeur de son interlocutrice des doutes sur la sagesse et sur la bonté du Créateur (verset 5). Enfin, il provoque en elle, tout à la fois, la soif de la jouissance et l’orgueilleuse ambition de l’indépendance. Gagnée au mal, la femme fait partager ses mauvais désirs à son mari et tous les deux, oubliant leurs devoirs d’obéissance et de gratitude, s’éloignent de la voie tracée par le Père céleste et se laissent entraîner par les suggestions du mal.

 

    Derrière les symboles du récit primitif, qu’il serait vain de railler ou de mépriser, on reconnaît aisément la marche habituelle de la tentation. Le tort de l’homme est de ne pas savoir dire non au mal. Cette faute est celle d’Adam et celle de tous ses descendants, dans la mesure où ils participent au même péché. Mais la faute originelle était loin d’être fatale: elle aurait pu et elle aurait dû être évitée. Elle constitue, au début de l’histoire humaine, l’accident tragique qui a mis l’homme en opposition avec Dieu et en contradiction avec son essence véritable.

 

Troisième affirmation: le caractère religieux du péché...Dès l’origine, le péché est étroitement lié par la Bible à une conception religieuse de l’existence. Il ne se comprend que s’il y a deux êtres face à face: un Dieu qui commande et qui. en vertu de sa perfection morale et de sa bonté infinie, a le droit de commander; un homme qui désobéit au commandement divin et qui se révolte contre le Créateur. La morale tout humaine, dont on a voulu exclure Dieu, peut faire intervenir la notion du mal, celle d’un ordre de choses contraire à l’idéal. Seule, une morale religieuse a le pouvoir de mettre en jeu le concept singulièrement plus riche et plus expressif du péché. Et les différences qui existent en réalité entre deux notions analogues seulement en apparence suffit à faire mesurer l’abîme qui sépare les deux morales et la supériorité incontestable de la morale religieuse sur toute morale purement laïque.

 

    D’abord, le péché dépasse infiniment le mal, au point de vue de son intensité et de son horreur tragique: celui-ci est simplement le bouleversement de l’ordre humain, celui-là désorganise le plan divin et constitue une atteinte à la sainteté et à l’amour du Dieu infiniment juste et bon.

 

    Ensuite, le péché surpasse le mal par l’étendue de son domaine: le mal nuit à l’homme; le péché, en plus du tort fait à l’homme, offense Dieu. Le péché comporte donc toute une série nouvelle de manquements, dont on ne saurait tenir compte si l’on se place à un point de vue purement humain.

 

    Enfin, si le mal embrasse une certaine catégorie d’actes que l’on réprouve, le péché va jusqu’au fond de l’âme humaine; il constitue essentiellement une disposition fondamentale de notre être caché, qui se traduit extérieurement par les actions méchantes. Les péchés divers sont les manifestations et les fruits de ce trouble profond apporté à nos relations avec Dieu, qui s’appelle le péché.

 

    Ainsi, entre le mal et le péché, il y a une triple différence d’intensité, d’étendue et de nature: l’infinie grandeur de la Bible vient de ce que, seule elle nous fait pleinement connaître l’Adversaire que nous avons à combattre et à détruire.

 

    Le péché, ainsi caractérisé par la Bible, conduit l’homme aux conséquences les plus tragiques: c’est ce que nous montre encore le récit de la Genèse.

 

    Avec une implacable logique, l’expérience du mal conduit la créature à la honte, au remords, à la souffrance, à cette séparation d’avec Dieu, qui constitue une véritable mort spirituelle. L’homme est chassé de la contrée charmante où il vivait paisible et heureux, mais l’expulsion du paradis terrestre est moins une initiative divine que la constatation d’un état de fait, voulu par l’homme lui-même. Ce n’est pas Dieu qui éloigne l’homme de sa présence et de sa communion vivifiantes, mais l’homme qui s’est séparé de Dieu et qui, par sa faute, a fait venir sur lui le châtiment et la mort, fruits inéluctables de sa désobéissance et de sa rébellion.

 

    Seulement si la créature a voulu le péché et a cherché son malheur, Dieu ne l’abandonne pas et il a pitié d’elle {#Ge 3:21}. Au moment même où celle-ci prend conscience de son état de perdition, il lui fait entrevoir l’oeuvre de rédemption et de relèvement qu’il poursuivra désormais dans une humanité pécheresse et malheureuse (verset 13).

 

    Les traditions subséquentes sur l’humanité préhistorique et sur les patriarches nous offrent des révélations qui sont les corollaires des vérités essentielles mises en lumière par le récit de la chute.

 

    D’abord, le péché contre Dieu ne tarde pas à devenir le péché contre l’homme; mais, en le devenant, il continue à être, avant tout, une offense contre Dieu...Caïn cède à la même puissance de rébellion que ses parents et, par là, il devient le meurtrier de son frère {#Ge 4:3,8}; cet acte sanguinaire est, du reste, envisagé comme un crime contre l’Éternel (verset 10).

 

    Il serait inexact de voir dans le péché de Caïn la conséquence fatale de la chute d’Adam. La Bible insiste au contraire sur le fait que le crime aurait pu être évité (verset 7b). C’est volontairement, par un acte de liberté, que Caïn cède, comme ses parents, à l’impulsion qui le pousse au mal: il se laisse aller à la jalousie, puis à la violence et enfin au crime. Mais, une fois commis, le péché n’en déploie pas moins toutes les conséquences qu’il renferme: primitivement violation du commandement divin, il devient, subsidiairement, le trouble profond apporté aux relations humaines. Seulement, quelle qu’en soit la forme, individuelle ou sociale, il reste essentiellement une désobéissance à la volonté divine.

 

    Un tel principe est affirmé encore dans des incidents comme celui de Joseph et de la femme de Potiphar. Ce n’est pas seulement par droiture morale que Joseph se refuse à tromper la confiance de son maître et à céder à la tentation. C’est surtout parce que s’y laisser aller, ce serait «un grand mal et un péché contre Dieu» {#Ge 39:9}

 

    Après Caïn, après Lémec {#Ge 4:23}, la multiplication des péchés conduit nécessairement l’humanité, malgré certaines exceptions, comme celles d’Hénoc {#Ge 5:21,24} et de Noé {#Ge 6:8}, à un endurcissement toujours plus grand et à une séparation toujours plus marquée d’avec son Dieu; la Genèse ne manque pas de relever cette autre conséquence du péché. C’est un état de décadence, où «toutes les pensées du coeur des hommes se portaient chaque jour uniquement vers le mal», si bien que «l’Éternel se repentit d’avoir fait l’homme sur la terre et en fut affligé en son coeur» {#Ge 6:5 et suivant}. De là le déluge et la destruction d’une humanité rebelle, la souffrance et la mort se manifestant toujours comme les fruits nécessaires du péché et de la révolte.

 

    Après le déluge, l’homme persiste dans sa révolte et son éloignement, ainsi que le prouve l’histoire de la tour de Babel {#Ge 11:1,9}. Aussi, à cause de la faute commise par Adam et renouvelée par ses descendants, la création semble avoir décidément manqué son objet, et toute la préhistoire de l’humanité, d’après la Bible, se résume dans un endurcissement croissant et dans une opposition toujours plus complète à la volonté divine.

 

    Cet état de choses entraîne une troisième conséquence que l’histoire biblique fait encore apparaître. La Providence divine ne peut se résigner au triomphe du mal: elle désire, malgré les obstacles accumulés, assurer l’avenir spirituel de l’humanité, et elle est conduite à adopter le principe de l’élection, c’est-à-dire à abandonner l’ensemble de l’humanité à sa perdition pour faire le salut de la minorité qui a été choisie. C’est ainsi que Dieu fait alliance avec Noé, puis avec Abraham et les patriarches. Une telle alliance est possible, car nous avons là des personnalités qui vivent dans la communion de Dieu. Noé «marchait avec Dieu» {#Ge 6:9}. Abraham commence sa carrière par un acte d’obéissance et de confiance {#Ge 12:1-4}. Au contraire, son petit-fils, Ésaü, incapable d’apprécier le privilège de l’élection, se verra écarté de l’alliance au bénéfice de Jacob, car, malgré ses grands défauts, celui-ci comprend la valeur des bénédictions divines. On voit par là comment l’élection conduit à un élargissement de l’idée du péché: c’est commettre une faute contre Dieu que de mépriser l’alliance qu’il a conclue avec les hommes de son choix.

 

    De ces hommes-là sortira une humanité nouvelle, le peuple de Dieu, dont la destinée devait être de revenir à la voie de l’obéissance et de la fidélité, abandonnée par l’humanité primitive sous la néfaste influence du péché.

 

PÉCHÉ (3.)

 

III La loi.

 

    Dans le peuple d’Israël, le concept du péché se rattache étroitement aux notions connexes de l’alliance et de la loi (voir ce mot).

 

    Toute la vie religieuse et morale du peuple est dominée par le sentiment du lien étroit, indissoluble, qui l’unit à son Dieu. Jéhovah a choisi les Hébreux parmi tous les peuples de la terre; il les a mis à part pour son service et pour sa gloire; il leur accorde sa protection et son salut. Le devoir de la nation, c’est de rester fidèle à l’alliance (voir ce mot). Si elle s’en détourne, elle tombe dans le péché et dans la malédiction qu’implique la désobéissance à la volonté divine.

 

    Cette volonté, Dieu la précise en donnant sa loi à son peuple. La loi, c’est l’énoncé exact et complet des obligations que comporte l’alliance. Violer la loi, c’est se révolter contre l’alliance et tomber dans le péché. L’apparition de la loi constitue donc une étape capitale dans l’évolution du peuple hébreu et permet d’arriver à des précisions nouvelles en ce qui concerne la notion du péché {#Ex 20:20}.

 

    L’adoration et le service du seul vrai Dieu, c’est ce que, tout naturellement, la loi prescrit avant toute autre chose. L’antique législation israélite représente le péché d’idolâtrie comme le plus grave, car il sépare radicalement l’homme de son Dieu. C’est ce qu’affirment expressément le Livre de l’Alliance {#Ex 22:20 23:24,32}, puis le Décalogue {#Ex 20:3,7}. Aussi, en se laissant aller à l’idolâtrie, Israël encourt-il les plus terribles châtiments.

 

    L’histoire nous montre comment la nation s’est effectivement éloignée de son Dieu et comment, par là, elle s’est orientée vers la perdition et vers la mort. Sous les juges, les désastres nationaux se succèdent très rapidement: ils sont attribués à la révolte contre Dieu et à l’idolâtrie {#Jug 2:10,15 3:7 4:1 6:1,3 8:33,35 10:6,9 13:1}. Le retour à Dieu sous la conduite d’un chef et d’un héros est toujours marqué par les bénédictions de la paix et de la prospérité. Pendant les règnes de Saül et de David, nous trouvons peu de traces du péché d’idolâtrie.

 

    De là la prospérité qui s’est manifestée sous leur double règne, comme ensuite, d’une manière assez générale, dans le royaume du Sud. Mais Salomon, dans sa vieillesse, négligea le culte de son Dieu, et ce grave manquement est considéré comme la cause de la révolte de Jéroboam contre la dynastie de David {#1Ro 11:1,13}. Après le schisme, nous voyons ce leit motiv revenir à chaque règne, dans l’histoire du royaume du Nord: «Il se livra au péché de Jéroboam, fils de Nébat, qui avait fait pécher Israël, et il ne s’en détourna pas» {#2Ro 3:3 10:29 13:2, etc.}. Le peuple d’Israël ne se contente pas d’une telle forme du péché contre le vrai Dieu—le culte du taureau d’or—, il pratique aussi celui des Baals et des Astartés, beaucoup plus grave par ses conséquences religieuses et morales. C’est dans une telle idolâtrie que, déjà sous le règne triomphant d’Achab et de Jézabel, l’historien découvre la source profonde d’une terrible décadence nationale {#1Ro 16:30-33}.

 

    Ainsi Jéhovah réclame le service et l’adoration de son peuple. Mais ce service et cette adoration ne se manifestent pas simplement par le culte rendu à lui seul. Dieu entend aussi que la piété à son égard se manifeste par la pratique d’un certain nombre de devoirs vis-à-vis du prochain. C’est ainsi que le Livre de l’Alliance {#Ex 21 Ex 22 Ex 23} formule tout un ensemble de règles morales et sociales qui reposent sur la loi royale de l’amour fraternel (par ex.: Tu ne maltraiteras pas l’étranger et tu ne l’opprimeras pas, car vous avez été étrangers dans le pays d’Egypte; tu n’affligeras point la veuve, ni l’orphelin: si tu les affliges et qu’ils viennent à moi, j’entendrai leurs cris..., #Ex 22:21,23). Le Décalogue (voir ce mot), d’autre part, se divise en deux tables dont l’une formule les devoirs envers Dieu et l’autre les devoirs envers le prochain. Par conséquent, dans la législation israélite la plus ancienne, le devoir envers Dieu et le devoir envers l’homme sont étroitement liés l’un à l’autre, mais c’est le devoir envers Dieu qui a la primauté, et l’observation du devoir envers l’homme est considérée comme une forme de l’obéissance que le peuple doit à son Dieu.

 

    La loi mosaïque ne se borne pas à prescrire l’attitude que l’homme doit avoir vis-à-vis de son Dieu et de son prochain. Le code lévitique s’élabore bientôt en système d’obligations légales et rituelles: non seulement la nomenclature des péchés se trouve, par là même, augmentée, mais encore leur contenu semble ne plus être le même: le péché est de plus en plus considéré comme la violation des prescriptions cérémonielles, qui sont regardées comme ayant leur but en elles-mêmes. Pourtant, il serait inexact de considérer ces règles comme n’ayant aucun rapport avec la loi morale et spirituelle, car les actes purement rituels (ceux qui sont prescrits, par exemple, par la loi sur les animaux purs et impurs, #Le 11) tirent leur signification profonde du fait qu’ils doivent inspirer une haute idée de la sainteté divine et une profonde horreur du péché humain (voir Pur et impur). Le péché cérémoniel lui-même trahit donc la méconnaissance de la sainteté et de l’amour divins.

 

    Le Deutéronome fait ressortir davantage la nature religieuse et morale du péché, en fondant la fidélité à la loi sur l’amour que l’homme doit avoir pour son Dieu {#De 6:5 10:12 11:1}. L’amour de l’homme pour Dieu s’impose comme un devoir de gratitude, puisque c’est Dieu qui, le premier, a aimé son peuple et l’a choisi pour en faire un témoignage de sa puissance {#De 4:37 7:6,8 10:15}. Et puisque l’obéissance est conditionnée par l’amour, les commandements doivent se trouver dans le coeur avant de se traduire dans la conduite {#De 6:6 10:16 11:18}.

 

    La piété israélite est amenée, de cette manière, à purifier les motifs qu’elle a d’obéir à la loi et de résister au péché. Certes, nous trouvons encore de nombreux échos de la vieille conception d’après laquelle l’observation des commandements s’impose en vertu du pacte qui conditionne la prospérité de la nation (#De 4:24,40 6:15, cf. #Ex 20:5

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